(Source : site de RTL)

Cette experte franco-iranienne estime qu’après le « massacre » de la population iranienne et les menaces du gouvernement américain à l’encontre de la République islamique, un point de non-retour a été franchi, et qu’il n’est désormais plus possible de revenir en arrière.

Entretien – 31 janvier 2026

« Nous sommes dans une impasse totale », a déclaré Maneli Mirkhan le samedi 31 janvier sur RTL, en réaction à l’escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis, alors que Donald Trump a affirmé que Téhéran souhaitait « conclure un accord ».

« Il n’y a pas d’autre voie de sortie que d’avoir une intervention militaire », a-t-elle assuré.

Elle poursuit : « Bien sûr, la forme de cette intervention et ses objectifs sont en discussion, et toutes les options sont sur la table. Le rôle des pays de la région est également important, notamment ceux qui étaient au départ très hostiles à des frappes américaines. Mais hier, nous avons vu le ministre saoudien des Affaires étrangères se rendre aux États-Unis et soutenir la nécessité d’une attaque. Il n’y a plus de retour possible. Je pense sincèrement que nous avons franchi un point de bascule. Nous sommes allés trop loin dans un camp ou dans l’autre. »

« La question du nucléaire est totalement identitaire pour le régime iranien »

Le président américain a annoncé vendredi que l’Iran « voulait conclure un accord » et qu’un ultimatum avait été fixé à Téhéran, sans en préciser la durée. Donald Trump avait indiqué la veille espérer ne pas avoir à frapper l’Iran, tout en avertissant que « le temps est compté ».

Mais selon Maneli Mirkhan, « la question du nucléaire est totalement identitaire pour le régime iranien. S’ils cèdent sur le nucléaire, ils signent leur arrêt de mort. Personne n’imagine qu’une véritable négociation soit possible — encore moins après le massacre qui a eu lieu ».

Elle souligne qu’aujourd’hui, l’Iran se trouve dans un « état de choc indéniable », tandis que des ONG évoquent des dizaines de milliers de morts potentiels et que le travail de recensement des victimes est entravé par les restrictions de communication imposées depuis le soulèvement populaire.

« Les informations nous parviennent de manière extrêmement fragmentée », explique Maneli Mirkhan, également cofondatrice d’une association de soutien au peuple iranien.

« Les personnes à l’intérieur de l’Iran nous disent que ce qui se passe dépasse largement ce que nous pouvons imaginer. Nous sommes loin d’avoir les chiffres réels, car les récits venant de l’intérieur, les images vues et l’ampleur du massacre sont sans précédent. »

Elle poursuit :

« Des questions très légitimes se posent également : où sont les corps des femmes ? Toutes les images que nous recevons montrent des hommes. Où sont les femmes ? Où sont les enfants ? Et deux autres questions fondamentales : le nombre des arrestations. Des dizaines de milliers de personnes sont portées disparues, et nous craignons que certaines soient utilisées comme boucliers humains. »

Elle conclut en alertant sur l’augmentation préoccupante des arrestations de personnels médicaux.