Le mercredi 14 janvier, une réunion en ligne s’est tenue sur l’intranet interne de l’appareil judiciaire, sous l’égide de Hamzeh Khalili, premier adjoint du pouvoir judiciaire. Cette réunion, à laquelle participaient tous les procureurs provinciaux et les chefs des départements de la justice, visait à émettre trois mandats confidentiels clés pour faire face à la vague de protestations.

1. Priorité aux dossiers des manifestants et procès accélérés

La première directive exige que toutes les branches judiciaires soient prêtes à 100 % pour traiter les dossiers des personnes récemment détenues. Selon ce mandat, les dossiers des manifestants doivent faire l’objet d’une procédure accélérée immédiate, sans tenir compte de l’ordre ou de la priorité de tous les dossiers précédents.

2. Escalade des sanctions et procès « groupés »

Le pouvoir judiciaire a souligné la nécessité d’une supervision directe par les procureurs sur le processus de jugement afin de s’assurer que les manifestants encourent la peine maximale. Des rapports indiquent que des instructions ont été données pour mener des procès « groupés » et à grande vitesse. Afin de libérer de l’espace dans les prisons pour l’afflux de nouveaux détenus, l’ordre a été donné de libérer temporairement sous caution les prisonniers détenus pour des délits mineurs ou financiers.

3. Destruction systématique des statistiques sur les victimes

La partie la plus atroce de cette réunion a été l’ordre explicite d’effacer et de détruire tous les documents et preuves liés aux personnes tuées lors des manifestations. En vertu de cette directive, toutes les statistiques, listes et noms — qu’ils soient sur papier ou sous forme de fichiers numériques — doivent être détruits immédiatement. Il a été souligné lors de la réunion que les documents papier devaient être passés à la déchiqueteuse afin qu’il ne reste aucune trace pour des poursuites judiciaires internationales.

Escalade des mesures de sécurité et fouilles corporelles en ville

Au-delà des aspects judiciaires, de nouveaux ordres de sécurité ont été émis, autorisant les agences de sécurité à arrêter tout individu après la tombée de la nuit et à inspecter son téléphone portable à la recherche de contenus liés aux manifestations.

  • Inspections physiques : Les officiers ont reçu l’instruction d’inspecter sous les vêtements et d’examiner le corps des citoyens pour trouver des traces telles que des cicatrices ou des blessures par plomb.
  • Autorisation de tir direct : Les forces de sécurité ont été informées que si des individus ne s’arrêtent pas, elles sont autorisées à tirer directement sur eux sans tirs de sommation ni préavis.
  • Enlèvements dans les hôpitaux : Des rapports ont été présentés concernant l’enlèvement de blessés dans les unités de soins intensifs (USI) et leur assassinat ultérieur afin de dissimuler les statistiques réelles sur les victimes.

Appel à la documentation internationale

Face aux efforts du gouvernement pour éliminer les preuves, les militants estiment que la communauté est en état de choc. Il a été souligné que les citoyens et les témoins oculaires doivent traduire tous les documents, vidéos et noms des personnes décédées ou disparues dans des langues internationales (en particulier l’anglais) et les publier en taguant les organisations mondiales de défense des droits de l’homme afin d’empêcher la destruction de la vérité par l’appareil d’État.