Dans un article publié par Le Figaro le 1er février, Maneli Mirkhan explique que la décision de la République islamique de qualifier les armées européennes de « terroristes » relève d’une manœuvre purement symbolique et propagandiste, sans impact réel, opérationnel ou économique. Comme le précise l’article, les échanges économiques entre l’Europe et l’Iran ne sont pas en cause dans cette décision : ils ont déjà été réduits à un niveau négligeable et se limitent principalement à des biens à caractère humanitaire.
À l’inverse, l’article souligne que la décision de l’Union européenne d’inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) sur la liste des organisations terroristes constitue une mesure ciblée et structurelle. Son objectif central est le gel des avoirs du régime, la perturbation des réseaux financiers liés à l’IRGC, ainsi que la limitation de sa capacité à opérer sur les plans économique et international. Cette décision frappe directement le cœur financier et opérationnel du régime.
Selon l’article, Maneli Mirkhan explique également que la réaction de Téhéran doit être comprise comme faisant partie d’une guerre des récits plus large. Le régime cherche à présenter l’IRGC comme l’équivalent d’une armée nationale conventionnelle afin d’amoindrir la portée politique et juridique de la décision européenne. Or, souligne-t-elle, l’IRGC n’est pas une force militaire régulière, mais une structure idéologique et un véritable « État dans l’État », profondément imbriqué dans les systèmes de pouvoir politique, sécuritaire et économique de l’Iran.
L’article rappelle par ailleurs que, d’un point de vue juridique et politique, la décision de l’Union européenne place l’IRGC au même niveau que des organisations telles que le Hamas et le Hezbollah : non pas comme une armée nationale, mais comme un groupe armé impliqué dans la violence organisée, la répression et la déstabilisation régionale.
Le Figaro indique également que la réponse iranienne envoie un signal politique aux alliés du régime — en particulier à la Russie, dans le contexte de son affrontement croissant avec l’Europe — tout en cherchant simultanément à mobiliser les soutiens de la République islamique, tant à l’intérieur du pays qu’à l’international, à travers un récit de confrontation et d’encerclement extérieur.
Enfin, l’article rapporte que Maneli Mirkhan souligne qu’une large partie de la population iranienne appelle à une rupture totale des relations entre l’Europe et la République islamique, même si certains pays européens — la France en particulier — restent contraints par des considérations diplomatiques concrètes, notamment la question des otages.

