Le coût européen de la République islamique. Policy Brief DORNA, juillet 2026
DORNA
DORNA · Policy Brief · Juillet 2026

Le coût européen de la République islamique

Six points que personne n'a additionnés, et ce que le règlement d'Évian laisse hors de la comptabilité

Publication · 14 juillet 2026, Paris Auteur · Cellule de recherche DORNA

Développé et actualisé par la cellule de recherche DORNA à partir de l'analyse de Maneli Mirkhan, « The European cost of the Islamic Republic: six points that no one has added up », publiée initialement par EISMENA le 9 juin 2026. Cette édition intègre les développements survenus jusqu'au 14 juillet 2026, dont le sommet du G7 à Évian et le mémorandum d'entente d'Islamabad.

Sommaire
  1. · Synthèse
  2. I. Contexte : Évian, le mémorandum d'Islamabad, et une comptabilité inachevée
  3. II. Six points que personne n'a additionnés
  4. III. Depuis Évian : un état des lieux canal par canal
  5. IV. Ordre de grandeur
  6. V. Ce que le mémorandum ne chiffre pas
  7. VI. La position de DORNA
  8. VII. Risques et garde-fous
  9. VIII. Recommandations
  10. · Notes et sources

Synthèse

Le 17 juin 2026, en marge du sommet du G7 à Évian, les États-Unis et l'Iran ont signé le mémorandum d'entente d'Islamabad, un accord préliminaire mettant fin à quatre mois de guerre, ouvrant une fenêtre de négociation de soixante jours pour un règlement final, et engageant les parties à rouvrir le détroit d'Ormuz21,22. Une mission multinationale dirigée par la France et le Royaume-Uni a entamé le déminage et l'escorte des pétroliers dans le détroit dans les semaines qui ont suivi, avec la participation de plus de dix marines européennes23. Cinq semaines après Évian, un fait n'a pas changé : aucune institution européenne n'a consolidé ce que la République islamique coûte chaque année à l'Union européenne, sur les six canaux que ce rapport documente intégralement : contournement du secteur financier, perturbation maritime, asymétrie militaire, trafic de stupéfiants, déstabilisation régionale et infiltration clandestine.

Le dossier iranien suit le même schéma depuis deux décennies. Chaque entrée, diplomatie, dossier nucléaire, sanctions, sécurité, est traitée dans sa propre direction, financée sur sa propre ligne budgétaire, rapportée selon son propre calendrier. La guerre de février à avril 2026 et le blocus d'Ormuz ont comprimé en quelques semaines ce que l'analyse indépendante avait déjà établi comme structurel : l'exposition européenne à la République islamique est mesurable, cumulative et largement non chiffrée. Le sommet d'Évian a traité le dossier nucléaire et le détroit. Il a laissé les quatre autres canaux intacts, et même sur les deux qu'il a traités, le règlement produit reste préliminaire, à quelques semaines de l'expiration de sa propre fenêtre de négociation au moment où ce rapport est publié, et réversible.

94 Md$Transactions liées à des entités iraniennes sanctionnées traitées par une seule plateforme, Zedcex
OFAC, août 2024
12 Md€+Amendes cumulées payées par quatre grandes banques européennes pour violation des sanctions sur l'Iran, 2014-2024
OFAC · FinCEN · DOJ
21 M barils/jPétrole transitant par le détroit d'Ormuz, 30 % du commerce maritime mondial de brut
EIA (États-Unis), 2024
1 : 20Rapport de coût entre un drone Shahed-136 (~50 000 $) et l'intercepteur Patriot nécessaire pour l'abattre (~1 M$)
IISS · RUSI · DoD américain
100 Md€+Coût européen cumulé sur dix ans des flux de stupéfiants liés à l'Iran, santé, sécurité et justice
ONUDC, estimation agrégée
54 à 120 Md€Gain économique annuel estimé pour l'Europe d'une transformation politique en Iran
wiiw · WIFO, mars 2026
300 Md$Plan de reconstruction promis à l'Iran au titre du mémorandum d'Islamabad, décidé avant que l'Europe n'ait chiffré sa propre exposition
Mémorandum d'Islamabad, juin 2026
60 joursFenêtre de négociation ouverte le 17 juin 2026 pour un règlement final ; elle expire à la mi-août
Mémorandum d'Islamabad, juin 2026

La facture dépasse la dépense directe. Elle inclut les coûts d'opportunité, les primes d'assurance, les coûts de conformité et le coût de l'absorption sociale. Considérés séparément, chacun reste une ligne budgétaire nationale, illisible en tant que fait européen. Additionnés sur les six canaux documentés dans ce rapport, l'ordre de grandeur se compte en dizaines de milliards d'euros par an, probablement dans la partie haute de cette fourchette, avant même de compter les 300 milliards de dollars de reconstruction que l'Europe est désormais appelée à contribuer à financer. À cette échelle, le dossier iranien change de registre. Il cesse d'être seulement une question de politique étrangère pour devenir une question politico-économique, aux ramifications diplomatiques qui méritent la même table que le mémorandum d'Islamabad lui-même.

Ce rapport détaille les six canaux, évalue ce qui a bougé et ce qui n'a pas bougé depuis Évian, propose l'ordre de grandeur que leur addition donne, et se conclut par la position de DORNA, les risques que ferait courir un financement précipité de la reconstruction, et les recommandations que DORNA adresse aux institutions européennes et alliées pendant la fenêtre de soixante jours ouverte par le mémorandum.

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I. Contexte : Évian, le mémorandum d'Islamabad, et une comptabilité inachevée

Le 52ᵉ sommet du G7 s'est tenu à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin 2026, sous présidence française21. En marge du sommet, au château de Versailles, les États-Unis et l'Iran ont signé le mémorandum d'entente d'Islamabad : fin des hostilités directes, engagement de l'Iran à ne pas se procurer ni développer d'armes nucléaires, dispositions pour la dilution des stocks de matière enrichie sous supervision de l'AIEA, et une fenêtre de soixante jours, prorogeable d'un commun accord, pour négocier un accord final22. Le communiqué du G7 a salué le mémorandum et soutenu une initiative multinationale, dirigée par la France et le Royaume-Uni, pour sécuriser le détroit d'Ormuz21. Cette initiative a été lancée début juillet, avec plus de dix marines européennes déminant et escortant les pétroliers, dont une centaine attendaient de pouvoir transiter23.

Ce sont des développements réels, et ce rapport ne les minimise pas. Ils traitent, partiellement et provisoirement, l'un des six canaux documentés ci-dessous : le goulet d'Ormuz. Ils laissent les cinq autres intacts. Le mémorandum ne dit rien du rôle continu du système bancaire européen comme chambre de compensation du contournement des sanctions, rien de l'asymétrie drone-intercepteur qui continue de puiser dans les stocks de défense antiaérienne européens, rien de l'infrastructure de stupéfiants qui a survécu à l'effondrement syrien, rien de la pression migratoire qui s'accumule derrière l'effondrement économique de l'Iran, et rien des activités de renseignement et cybernétiques que huit services européens ont documentées sur leur propre sol. Ses dispositions nucléaires sont elles-mêmes préliminaires : l'Iran conserve le statu quo actuel de son programme dans l'attente d'un accord final attendu dans les soixante jours suivant le 17 juin, et les États-Unis se sont engagés, dans l'intervalle, à n'imposer aucune nouvelle sanction et à ne déployer aucune force supplémentaire22.

L'absence d'une comptabilité européenne consolidée est un choix politique aux conséquences réelles, non une lacune technique, et Évian a rendu ces conséquences plus nettes plutôt que de les résoudre. Les termes mêmes du mémorandum incluraient un plan de reconstruction de 300 milliards de dollars pour l'Iran22, une somme que les institutions et les contribuables européens seront, en pratique, appelés à contribuer à financer par des canaux européens et bilatéraux, avant même qu'aucun d'entre eux n'ait publié ce que le statu quo leur a déjà coûté. Ce rapport établit cette comptabilité, canal par canal, avant de l'évaluer à l'aune de la séquence ouverte à Évian.

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II. Six points que personne n'a additionnés

a) Contournement bancaire et facture de conformité

En août 2024, les autorités américaines ont désigné Zedcex, une plateforme immatriculée au Royaume-Uni, après avoir établi qu'elle avait traité plus de 94 milliards de dollars de transactions liées à des entités iraniennes sanctionnées au cours de son activité1. Zedcex est la face visible d'une architecture bâtie sur des centaines d'intermédiaires opérant dans ou depuis les juridictions de l'Espace économique européen, du Royaume-Uni post-Brexit, et de leurs partenaires immédiats dans le Golfe et en Asie.

Le système financier européen fonctionne, en pratique, comme un nœud central du contournement des sanctions occidentales par la République islamique. Ce rôle porte deux coûts mesurables. Le premier est le coût de conformité supporté par les banques et opérateurs commerciaux européens, qui ont bâti des procédures de vigilance renforcée, des systèmes de filtrage des transactions et des équipes dédiées pour gérer leur exposition. Le second est constitué des amendes imposées par les autorités américaines pour violation des sanctions liées à l'Iran. Sur la dernière décennie, quatre grandes banques européennes ont payé un total cumulé supérieur à 12 milliards d'euros à ce titre2. Ces sommes quittent le système financier européen sans y revenir. Elles constituent une externalité budgétaire nette qui n'a jamais été consolidée comme telle, ni dans les rapports annuels des banques concernées, ni dans les bilans des régulateurs européens.

Siège de la Banque centrale européenne, Francfort
Siège de la Banque centrale européenne, Francfort. L'architecture de conformité et d'application des sanctions bâtie par les banques européennes relève du périmètre de supervision de la BCE. Photo : Wikimedia Commons.

b) Les goulets maritimes : Ormuz, Bab-el-Mandeb, une prime permanente

Le détroit d'Ormuz voit transiter chaque jour 21 millions de barils de pétrole, soit 30 % du commerce maritime mondial de brut et 25 % du gaz naturel liquéfié3. À l'autre extrémité de la péninsule Arabique, le détroit de Bab-el-Mandeb traite une part comparable du trafic de conteneurs entre l'Asie et l'Europe. Depuis 2024, la campagne menée par les Houthis du Yémen, dont l'armement et l'entraînement par les Gardiens de la révolution islamique sont documentés par plusieurs centres de recherche occidentaux4, a contraint les compagnies maritimes européennes à réacheminer une part importante de leur fret par le cap de Bonne-Espérance, ajoutant dix à quatorze jours aux routes Asie-Europe et augmentant les coûts de fret d'environ 30 % sur cet axe5.

L'activation simultanée d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb pendant la guerre iranienne de 2026 a porté ces coûts à un niveau nouveau et durable. Le baril de Brent a dépassé 100 dollars, le prix du gaz TTF néerlandais a doublé pour dépasser 60 euros le mégawattheure à la mi-mars 2026, et la Banque centrale européenne a repoussé ses prévisions de baisse des taux tout en relevant sa projection d'inflation pour l'année de plus d'un point de pourcentage6.

Au-delà de la phase aiguë, la démonstration qu'une double perturbation maritime est désormais opérationnelle a introduit une prime de risque permanente dans tout contrat maritime lié à la région, une prime qui pèse de façon disproportionnée sur les opérateurs européens, plus exposés que leurs homologues américains ou asiatiques sur ces routes.

Image satellite du détroit d'Ormuz
Détroit d'Ormuz, image satellite NASA MODIS. Vingt et un millions de barils de pétrole transitent chaque jour par ce goulet. Photo : NASA / Wikimedia Commons.
Point de repère

Un drone Shahed-136 coûte environ 50 000 dollars à produire. L'intercepteur Patriot nécessaire pour l'abattre coûte un peu plus d'un million de dollars. Le rapport est de vingt contre un.

c) Asymétrie militaire : un drone à 50 000 dollars contre un intercepteur à un million

L'intégration croissante de la République islamique à l'axe trilatéral avec la Russie et la Chine a produit, entre 2022 et 2026, l'une des asymétries économiques les plus lisibles du paysage conflictuel actuel. Un drone Shahed-136, fabriqué en Iran et fourni à la Russie pour frapper des cibles ukrainiennes, coûte environ 50 000 dollars l'unité7. Le missile Patriot nécessaire pour l'intercepter au-dessus d'Odessa coûte un peu plus d'un million de dollars8.

L'asymétrie dépasse sa dimension technique. Chaque batterie Patriot ou IRIS-T que les démocraties européennes déploient pour des missions liées à la posture de l'Iran dans le Golfe et à ses alliés est une batterie indisponible pour la défense sur d'autres fronts, et chaque drone iranien intercepté consomme vingt fois sa propre valeur en munitions occidentales. Cette asymétrie structurelle explique une part significative de la hausse des dépenses militaires européennes. En 2024, les membres européens de l'OTAN ont dépensé collectivement 454 milliards de dollars pour leur défense, et les dépenses militaires européennes dans leur ensemble ont augmenté de 27 % cette même année, la plus forte hausse régionale depuis la fin de la guerre froide9.

Tir réel d'une batterie de défense antiaérienne Patriot
Une batterie de défense antiaérienne Patriot lors d'un tir réel. Chaque intercepteur coûte environ vingt fois le drone qu'il est conçu pour arrêter. Photo : US Army / Wikimedia Commons.

d) L'État narcotrafiquant : héroïne, Captagon et la relocalisation post-Assad

Le 1ᵉʳ juillet 2020, les douanes italiennes ont saisi au port de Salerne une cargaison de 84 millions de comprimés de Captagon dissimulés dans des rouleaux de papier industriel. La valeur marchande de la saisie dépassait 1 milliard d'euros, alors la plus importante saisie de drogue de synthèse jamais enregistrée en Europe10. La cargaison provenait d'installations syriennes contrôlées depuis 2014 par les Gardiens de la révolution islamique et leurs partenaires du Hezbollah libanais. Soixante pour cent de l'héroïne et de la morphine afghanes destinées au marché européen transitent par le territoire iranien11, une route opérée par le CGRI et ses affiliés criminels qui fonctionne indépendamment de la situation politique syrienne et perdurera tant que le régime qui la maintient restera en place.

L'infrastructure de production du Captagon a connu un déplacement géographique marqué en 2024-2025 sans disparaître, comme la chute du régime Assad aurait pu le laisser croire. Le gouvernement de transition syrien a démantelé des installations de production intégrées à des bases militaires, et dans les mois suivant la chute d'Assad, a saisi plus de 200 millions de comprimés, vingt fois le volume confisqué par les forces d'Assad sur toute l'année 202412. La production s'est déplacée plutôt que d'avoir disparu. Au Soudan, en guerre civile depuis 2023, de nouvelles installations sont apparues sous le contrôle d'acteurs alignés sur l'ancien régime syrien ; en février 2025, les autorités soudanaises ont démantelé une usine au nord de Khartoum capable de produire 100 000 comprimés par heure. La Libye, autre vide institutionnel, héberge désormais de nouvelles installations, documentées dans un rapport du groupe d'experts de l'ONU de juin 202513. L'infrastructure a survécu à l'effondrement syrien parce que ses architectes ont conservé leur savoir-faire industriel, leurs réseaux logistiques et leurs débouchés commerciaux. Le marché européen, second après celui du Golfe, continue de subir une pression d'approvisionnement soutenue par des routes alternatives.

Sur la dernière décennie, le coût européen agrégé des flux de drogue liés à l'écosystème iranien, opioïdes via la route iranienne, Captagon reconfiguré et blanchiment lié au Hezbollah, atteint une estimation de 100 milliards d'euros ou plus en dépenses de santé publique, de sécurité et de justice. La fragmentation post-Assad a redistribué ces coûts vers de nouvelles juridictions plutôt que de les réduire. Un régime affaibli militairement mais structurellement intact devrait s'appuyer davantage encore sur les revenus illicites pour compenser la perte d'autres sources de revenus.

Structure chimique de la fénétylline, principe actif du Captagon
Fénétylline, le composé actif vendu sur le marché noir sous le nom de Captagon. Photo : Wikimedia Commons.

e) Déstabilisation régionale et la facture migratoire à venir

Ce point appelle une clarification posée d'emblée. Les flux migratoires que la République islamique a contribué à générer ne constituent pas, dans cette lecture, un coût à imputer aux personnes qui les composent. Les coûts d'accueil supportés par les budgets publics européens depuis trois décennies résultent des choix stratégiques du régime iranien, et ils ne cesseront qu'avec la transformation politique des forces qui les produisent. Toute restriction à l'accueil ferait peser la charge sur les personnes déplacées par ces choix, non sur le régime qui les a provoqués.

Le soutien militaire, politique et économique apporté par la République islamique au régime de Bachar al-Assad entre 2011 et 2024 a constitué l'un des principaux moteurs de la guerre syrienne, qui a provoqué plus de 500 000 morts et 12 millions de déplacés14. L'Europe a accueilli plus d'un million de réfugiés syriens, l'Allemagne en portant la plus grande part, et les coûts cumulés d'accueil et d'intégration relevés par les agences statistiques nationales ont atteint des dizaines de milliards d'euros par an au plus fort de la crise15, en sus des plus de 60 milliards d'euros que la Commission européenne a alloués en aide humanitaire à la Syrie sur la période16. L'effondrement du Liban, façonné par le contrôle de facto de l'État par le Hezbollah, a produit une deuxième vague que les capitales européennes financent à nouveau, directement par des appels à la reconstruction et indirectement par la gestion migratoire.

Au-delà de la charge déjà absorbée, la facture migratoire la plus lourde reste à venir, et elle est iranienne. La République islamique compte 90 millions d'habitants, quatre fois la population de la Syrie d'avant-guerre. Son effondrement économique, marqué par une dépréciation inédite du rial, une inflation à deux chiffres depuis 2018, et un chômage des jeunes diplômés estimé entre 25 % et 40 %, alimente depuis quinze ans une émigration qualifiée vers l'Amérique du Nord et l'Europe17. Une dégradation prolongée sous une République islamique affaiblie mais structurellement intacte accélérerait mécaniquement cette pression. Le coût potentiel pour l'Europe ne se compterait plus en dizaines mais en centaines de milliards d'euros sur une décennie. Derrière les coûts déjà supportés se dessine la facture que les capitales européennes paieront si la situation iranienne se dégrade sans avoir été anticipée.

Réfugiés syriens franchissant la frontière entre la Hongrie et l'Autriche, septembre 2015
Réfugiés syriens franchissant la frontière entre la Hongrie et l'Autriche, 6 septembre 2015. Photo : Mstyslav Chernov / Wikimedia Commons.

f) Infiltration : huit services, un même diagnostic

Entre 2023 et 2026, huit services de renseignement européens ont publié des rapports convergents sur les activités de la République islamique d'Iran au sein de l'Union européenne et du Royaume-Uni18. Cette convergence documente cinq mécanismes distincts pilotés depuis Téhéran : répression transnationale contre les dissidents iraniens en exil, collecte de renseignement ciblant les institutions européennes, influence politique par relais associatifs et académiques, opérations cybernétiques attribuées à des groupes liés au CGRI, et recours à des intermédiaires criminels pour des opérations clandestines.

Les coûts défensifs que ces activités imposent aux institutions européennes n'ont fait l'objet d'aucune consolidation budgétaire publique. Une estimation prudente, construite à partir des budgets nationaux de renseignement, des mesures de lutte antiterroriste, des dépenses de cyberdéfense à l'échelle européenne19 et du coût de la protection des personnes menacées, situe cette charge annuelle à plusieurs milliards d'euros au minimum. La désignation du CGRI comme entité terroriste par l'UE a stabilisé certaines réponses sans les traduire en comptabilité agrégée.

Siège d'Europol, La Haye
Siège d'Europol, La Haye. Le reporting sur la lutte contre l'infiltration et le narcotrafic liés aux réseaux iraniens reste fragmenté entre services nationaux. Photo : Wikimedia Commons.
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III. Depuis Évian : un état des lieux canal par canal

Cinq semaines séparent le mémorandum d'Islamabad de ce rapport. Le tableau ci-dessous synthétise, canal par canal, si le règlement conclu à Évian a modifié l'architecture de coûts documentée à la section II.

État de chaque canal de coût au 14 juillet 2026
CanalÉtat depuis ÉvianLigne de coût européenne
a) Contournement bancaireNon traité. Engagement américain seulement ; architecture de conformité européenne inchangée12 Md€+ d'amendes, coût de conformité continu
b) Goulets maritimesPartiellement traité. Mission de déminage lancée ; cessez-le-feu pas encore transformé en traité21 M barils/j d'exposition, prime de fret et d'assurance
c) Asymétrie militaireNon traité. Accord bilatéral muet sur le programme de drones et l'axe Russie-ChineRapport de coût 1:20 ; dépenses de défense européennes en hausse
d) État narcotrafiquantNon traité. Aucune disposition dans le mémorandum100 Md€+ sur une décennie
e) MigrationTraité indirectement, sous réserve du succès d'une reconstruction pluriannuelleDizaines de milliards déjà absorbés ; centaines à venir en jeu
f) InfiltrationNon traité. Accord bilatéral ne couvrant ni le renseignement ni le cyberPlusieurs milliards d'euros par an au minimum

Un canal sur six montre un mouvement réel, et son issue n'est pas encore acquise. Les cinq autres se trouvent exactement là où ils se trouvaient à la fin de la guerre en avril, tandis qu'un chiffre de 300 milliards de dollars est déjà entré dans la conversation diplomatique. L'écart entre ce qui a été chiffré pour la reconstruction de l'Iran et ce qui a été chiffré pour l'exposition européenne de deux décennies constitue lui-même le constat que cette section ajoute au rapport.

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IV. Ordre de grandeur

L'addition des six canaux exposés ci-dessus, à laquelle s'ajoutent des dimensions secondaires que ce rapport ne détaille pas faute de place, la captation sectorielle non comptabilisée des industries européennes liée à la relation énergétique, et les transferts de technologie non comptabilisés via la coopération académique antérieure au décret iranien de mars 2019, donne un ordre de grandeur dont la précision exacte restera incertaine tant qu'une institution européenne n'aura pas mené un exercice de consolidation complet. Sur la base des sources publiques et des six lignes de coût principales identifiées ici, cet ordre de grandeur se compte en dizaines de milliards d'euros par an, probablement dans la partie haute de cette fourchette.

Une méthodologie entièrement indépendante aboutit à une estimation convergente. Selon une étude de mars 2026 menée pour l'INSM par le Wiener Institut für Internationale Wirtschaftsvergleiche (wiiw) et le Wirtschaftsforschungsinstitut (WIFO), le gain économique annuel pour l'Europe d'une transformation politique en Iran se situerait entre 54 et 120 milliards d'euros, selon les hypothèses retenues sur la productivité et la réintégration commerciale20. La convergence entre une comptabilité des coûts construite du bas vers le haut et un modèle contrefactuel construit du haut vers le bas constitue en elle-même un résultat. Deux méthodes indépendantes, appliquées à la même question depuis des directions opposées, situent l'enjeu européen dans le même ordre de grandeur.

Les estimations indépendantes de la guerre de février-avril 2026 elle-même montrent à quel point les chiffrages de coûts peuvent varier, même pour un conflit unique et circonscrit, et à quelle vitesse les institutions parviennent malgré tout à converger vers un chiffre documenté. Le département de la Défense des États-Unis a rapporté un coût opérationnel de 29 milliards de dollars ; un suivi indépendant a situé le total sur 108 jours à 113,3 milliards de dollars ; d'autres estimations, incorporant les coûts indirects, l'ont situé plus près de 200 milliards de dollars24. L'Institute for Economics and Peace et la Banque mondiale ont estimé le frein exercé par la guerre sur la production mondiale à environ 1 300 milliards de dollars en 2026, soit environ 0,6 % du PIB mondial, les économies du Golfe voyant à elles seules leurs prévisions de croissance réduites de 4,5 % à 1,3 %, et le secteur mondial du voyage et du tourisme perdant environ 600 millions de dollars par jour pendant la phase aiguë25,26. Ces chiffres sont mondiaux, non européens, et mesurent une guerre unique de quatre mois, non une exposition structurelle de deux décennies. Ils sont cités ici dans un seul but : en quelques semaines après la fin de la guerre, plusieurs institutions avaient produit des estimations de coût circonscrites et documentées. Aucun exercice comparable n'a jamais été mené pour l'exposition européenne à six canaux et deux décennies que ce rapport documente.

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V. Ce que le mémorandum ne chiffre pas

Le mémorandum d'Islamabad engage l'Europe, en pratique sinon en titre, dans un rôle au sein d'un plan de reconstruction de 300 milliards de dollars pour l'Iran22. Les institutions européennes feront face à des demandes de cofinancement, de garanties et de mesures de normalisation commerciale pendant la fenêtre de soixante jours et au-delà, des décisions qui engagent un poids budgétaire réel et qui seront prises, en l'absence de l'exercice recommandé par ce rapport, sans référence à ce que le statu quo a déjà coûté et continue de coûter à l'Union européenne.

La position de DORNA n'est pas que le financement de la reconstruction serait mauvais en soi. Un financement lié à un règlement final vérifié et surveillé, qui clôt le dossier nucléaire, met fin durablement à la menace maritime, et se calibre sur les besoins réels de reconstruction de l'Iran, peut servir directement les intérêts européens, y compris en réduisant plusieurs des lignes de coût que ce rapport documente. La position de DORNA est qu'aucun engagement de reconstruction ne devrait être finalisé avant que les institutions européennes appelées à le financer n'aient publié ce que l'alternative, la poursuite du statu quo, leur a coûté et continue de leur coûter. Un engagement de 300 milliards de dollars décidé sans ce chiffre de référence inverse l'ordre normal d'une décision budgétaire : le chiffre demandé arrive avant le chiffre auquel il devrait être comparé.

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VI. La position de DORNA

DORNA considère que l'absence d'une comptabilité européenne consolidée du coût de la République islamique constitue un choix politique aux conséquences réelles, non une lacune technique, et que le mémorandum d'Islamabad a rendu ce choix plus net plutôt que de le résoudre. Des coûts qui restent fragmentés entre ministères et lignes budgétaires distincts échappent au calcul que les décideurs européens appliquent à tout autre dossier de poids comparable, y compris, désormais, au calcul qui sous-tend un engagement de reconstruction de 300 milliards de dollars. Les consolider ne préjuge pas de la méthode diplomatique que l'Europe devrait adopter envers Téhéran, ni des mérites du mémorandum lui-même. Cela donne aux décideurs européens l'information qu'ils exigent déjà avant tout arbitrage comparable, sur les sanctions, sur la posture de défense, sur la politique migratoire, sur la coopération antidrogue, et désormais sur le financement de la reconstruction.

La convergence documentée dans ce rapport, entre une comptabilité des coûts construite du bas vers le haut sur six canaux et une estimation indépendante, construite du haut vers le bas, du gain lié à une transformation politique, place le dossier iranien sur un terrain que les institutions européennes utilisent déjà ailleurs : le coût d'opportunité de l'inaction mesuré face au coût d'une réponse structurée. DORNA propose que les institutions européennes et celles du G7 traitent le dossier iranien à cette aune, comme une question budgétaire européenne à part entière, aux côtés de ses dimensions de politique étrangère, de non-prolifération et de sécurité, non à l'écart d'elles et non supplantée par un simple mémorandum bilatéral.

DORNA est une organisation indépendante et non partisane qui œuvre à structurer la transition démocratique iranienne. Ce dossier ne préjuge pas des arrangements internes de cette transition, ni de l'issue de la négociation ouverte à Évian. Il pose une question plus étroite et plus immédiate : celle de savoir si les institutions qui gèrent la politique iranienne de l'Europe disposent, dans un chiffre unique et consolidé, de l'information que leurs propres règles de décision exigent déjà, avant leur prochain engagement financier plutôt qu'après.

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VII. Risques et garde-fous

Trois risques se rattachent spécifiquement à la séquence ouverte à Évian, et DORNA les signale comme des garde-fous qu'une comptabilité consolidée aiderait à gérer, non comme des objections à la diplomatie elle-même.

Le premier est temporel. La fenêtre de négociation du mémorandum expire, sauf prorogation, à la mi-août 2026. Des décisions de reconstruction et de financement prises sous cette pression de calendrier sont structurellement plus susceptibles d'avancer sans l'exercice de chiffrage que ce rapport recommande que des décisions prises sur un calendrier plus serein. Un rapport européen sur le coût du dossier iranien publié, même préliminaire, donnerait aux négociateurs un chiffre de référence avant la fermeture de la fenêtre plutôt qu'après.

Le second est la conditionnalité. Cinq des six canaux que ce rapport documente, contournement financier, asymétrie militaire, stupéfiants, risque migratoire et infiltration, restent intacts face aux dispositions nucléaires et maritimes du mémorandum. Un financement de reconstruction qui ne conditionnerait pas les décaissements à des avancées sur ces cinq canaux financerait la réhabilitation du régime tout en laissant intacte son architecture d'extraction, documentée en détail dans le rapport de DORNA consacré à l'économie intérieure iranienne27.

Le troisième est la distinction entre le régime et la société, qui traverse l'ensemble des travaux de DORNA. Un exercice de chiffrage, et la conditionnalité qu'il devrait éclairer, doit porter sur l'appareil politico-sécuritaire qui génère ces coûts, non sur la population iranienne qui supporte déjà le coût de ce même régime à une échelle plus lourde encore à l'intérieur du pays. Une aide à la reconstruction acheminée par des mécanismes transparents et surveillés, contournant le complexe CGRI-bonyads documenté dans les travaux antérieurs de DORNA, sert cette distinction. Une aide qui ne le fait pas risque de renforcer la structure même que ce rapport, et l'ensemble des travaux de DORNA, identifie comme la source à la fois de l'effondrement intérieur de l'Iran et du coût extérieur pour l'Europe.

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VIII. Recommandations

DORNA adresse les recommandations suivantes aux institutions en mesure de combler le déficit de comptabilité que ce rapport identifie, plusieurs d'entre elles rendues plus urgentes par la fenêtre de soixante jours ouverte par le mémorandum d'Islamabad le 17 juin 2026.

  1. Commission européenne (DG ECFIN et Service européen pour l'action extérieure) · avant tout engagement financier européen dans la reconstruction de l'Iran, et en tout état de cause avant la fermeture de la fenêtre de négociation du mémorandum

    Commanditer un exercice de chiffrage conjoint consolidant les six catégories identifiées dans ce rapport en un rapport annuel récurrent sur le coût européen du dossier iranien, publié et mis à jour selon un calendrier fixe.

  2. Banque centrale européenne et superviseurs bancaires nationaux · dans les douze mois

    Harmoniser les obligations de déclaration des coûts de conformité liés aux sanctions iraniennes et des amendes associées pour les banques domiciliées dans l'UE, afin de rendre la facture de conformité visible de façon agrégée plutôt qu'établissement par établissement.

  3. Conseil européen et autorités maritimes et navales des États membres · en continu

    Traiter le risque conjoint des goulets d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb comme une ligne permanente de la stratégie de sûreté maritime de l'UE plutôt que comme une réponse ponctuelle à des crises aiguës, et demander au commandement de la mission franco-britannique de publier un bilan chiffré public une fois la phase initiale de la mission achevée.

  4. Volet finances du G7, via le processus de suivi convenu à Évian · avant la prochaine réunion ministérielle

    Intégrer l'estimation du gain de transformation wiiw-WIFO à l'agenda de sécurité économique du suivi, comme référence contrefactuelle à laquelle mesurer le coût actuel de l'inaction.

  5. Europol, en coordination avec les ministères de l'Intérieur et de la Justice des États membres · dans le prochain cycle budgétaire

    Consolider les dépenses de lutte contre l'infiltration et le narcotrafic liées aux réseaux iraniens dans une ligne de reporting commune, comblant l'écart d'estimation que ce rapport ne peut aujourd'hui qu'approcher à partir de sources publiques.

  6. Commissions du Parlement européen à mandat iranien · à la première occasion législative

    Organiser une audition demandant formellement à la Commission et au Service européen pour l'action extérieure d'engager l'exercice de consolidation recommandé ci-dessus.

  7. Conseil européen, Commission et Banque européenne d'investissement, avec toute agence de développement bilatérale contribuant au plan de reconstruction du mémorandum d'Islamabad · avant tout premier décaissement

    Conditionner la participation européenne au plan de reconstruction de 300 milliards de dollars à (i) la publication du rapport européen sur le coût du dossier iranien recommandé ci-dessus, et (ii) des canaux de décaissement vérifiés et surveillés, contournant le complexe économique CGRI-bonyads de l'Iran.

Aucune de ces recommandations ne préjuge de la posture diplomatique que l'Europe devrait adopter envers la République islamique, ni des mérites ultimes du règlement négocié à Évian. Chacune porte sur une question plus étroite et plus praticable : celle de savoir si l'Europe connaît, dans un chiffre unique mis à jour selon un calendrier fixe, ce que sa posture actuelle lui coûte déjà, et si son prochain engagement financier sera pris avec ou sans ce chiffre en main. DORNA se tient prête à appuyer cet exercice de consolidation avec les capacités de recherche et de construction de coalitions qu'elle mobilise dans l'ensemble de ses travaux.

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Notes et sources

  1. Office of Foreign Assets Control (OFAC), département du Trésor américain, désignation de Zedcex Ltd, août 2024 ; reprises par le Financial Times et Reuters, 2024.
  2. Amendes cumulées payées par BNP Paribas, Standard Chartered, ING et Société Générale pour violation des sanctions sur l'Iran, 2014-2024. Sources : décisions de règlement de l'OFAC, du FinCEN et du département de la Justice américain.
  3. U.S. Energy Information Administration, World Oil Transit Chokepoints, données 2024.
  4. International Institute for Strategic Studies, Strategic Survey 2024-2025 ; Atlantic Council, études sur les transferts de technologie Iran-Houthis.
  5. Drewry Shipping Consultants, World Container Index, hebdomadaire ; Lloyd's of London, indicateurs de primes maritimes, 2024-2026.
  6. Banque centrale européenne, Economic Bulletin, printemps 2026.
  7. Estimations IISS et Royal United Services Institute, programmes de drones iraniens, 2023-2025.
  8. Données publiques, département de la Défense des États-Unis, programme Patriot PAC-3, contrats 2023-2025.
  9. Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), Trends in World Military Expenditure 2024, avril 2025.
  10. Guardia di Finanza (Italie), communiqué de presse, 1ᵉʳ juillet 2020 ; Center for the Study of Captagon (New Lines Institute), analyse du cas de Salerne.
  11. Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), World Drug Report, éditions successives 2018-2024.
  12. Gouvernement de transition syrien, ministère de l'Intérieur, communiqués de saisie, premier semestre 2025 ; Stimson Center, « Assad's Fall and Syria's Fragmented Captagon Industry », 2025.
  13. Combating Terrorism Center at West Point, « The Future of the Illicit Captagon Drug Trade » ; New Lines Institute, « Sudan's Emergence as a New Captagon Hub » ; Panel d'experts des Nations unies sur la Libye, rapport, juin 2025.
  14. Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ; Syrian Center for Statistics and Research ; Violations Documentation Center.
  15. BAMF (Bundesamt für Migration und Flüchtlinge, Allemagne) ; DGEF (Direction générale des étrangers en France) ; Migrationsverket (Suède), rapports annuels 2015-2024.
  16. Commission européenne, direction générale de la protection civile et des opérations d'aide humanitaire européennes (ECHO), bilans pluriannuels Syrie, 2012-2024.
  17. Banque mondiale, indicateurs macroéconomiques de l'Iran ; estimations de l'OIT sur le chômage des jeunes ; études sur la diaspora iranienne qualifiée (Institut universitaire européen, Migration Policy Institute).
  18. France 2050, « La menace iranienne en France et en Europe », octobre 2025 ; Bundesamt für Verfassungsschutz (Allemagne), rapports 2023-2024 ; Intelligence and Security Committee (Royaume-Uni), Iran, juillet 2025 ; Bundesamt für Verfassungsschutz und Terrorismusbekämpfung (Autriche), rapport 2024 ; Säkerhetspolisen (Suède), enquête Foxtrot ; Sûreté de l'État (Belgique), communications 2023-2025 ; AIVD (Pays-Bas), rapports annuels 2023-2025 ; Bayerisches Landesamt für Verfassungsschutz, rapport 2024.
  19. Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité (ENISA), rapports annuels sur les menaces, 2023-2026.
  20. Mahdi Ghodsi et Gabriel Felbermayr, « Costs of Iran's Sanctions and Benefits of Sanctions Removal », étude commanditée par l'INSM, publiée par le Wiener Institut für Internationale Wirtschaftsvergleiche (wiiw) et le Wirtschaftsforschungsinstitut (WIFO), mars 2026.
  21. Conseil de l'Union européenne, « G7 Leaders' Joint Statements, Évian, France, 16-17 juin 2026 », Consilium ; « Déclaration des dirigeants du G7 sur les enjeux géopolitiques », Élysée, 17 juin 2026.
  22. Mémorandum d'entente d'Islamabad entre les États-Unis et l'Iran, signé le 17 juin 2026 ; comptes rendus et texte intégral, NPR et Axios, 17-19 juin 2026 ; Al Jazeera, « What the Trump-Iran agreement says about Lebanon, Hormuz and uranium », 18 juin 2026.
  23. Déclaration conjointe franco-britannique sur le détroit d'Ormuz, juillet 2026 ; Bloomberg, « UK and France Finalize Postwar Hormuz Mine-Clearing Mission », 4 juin 2026 ; The National, « UK and France to launch mission to secure Strait of Hormuz within days », 6 juillet 2026.
  24. Département de la Défense des États-Unis, estimation du coût opérationnel, juin 2026 ; NPR, « Here's how much the Iran war cost, and how its effects will linger », 17 juin 2026 ; Fortune, « The Pentagon said Iran War costs $29 billion, but the real cost is closer to $200 billion, and counting », 24 juin 2026.
  25. Institute for Economics and Peace, cité par Vision of Humanity, « The Hidden Price of the Iran War », 2026 ; Banque mondiale, Global Economic Prospects, juin 2026.
  26. World Travel and Tourism Council, estimations des pertes sectorielles, juin 2026.
  27. DORNA, « L'économie de la survie : Iran 2026, du témoignage à la lecture stratégique », rapport DORNA, 4 juin 2026, dornairan.com/articles/the-economy-of-survival.