La brutalité que les forces de sécurité déchaînent en Iran n’est pas une improvisation. C’est une doctrine.

Alors que des informations fragmentaires sur des massacres de masse filtrent depuis l’Iran, il est difficile de saisir l’ampleur et la rapidité présumées de la violence qui s’y déroule. Un crime d’une telle magnitude — des milliers de morts, selon la plupart des estimations — s’est produit en l’espace de deux ou trois jours seulement. Lors d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève la semaine dernière, Payam Akhavan, avocat irano-canadien et ancien procureur lors des procès de Milošević à La Haye, a comparé ces tueries à celles perpétrées par l’armée serbe à Srebrenica, avec une distinction glaçante. « Il a fallu des semaines aux Serbes pour mener des massacres d’une telle ampleur », a observé Akhavan. « En Iran, cela a pris quelques jours. »

Selon CBS, « au moins 12 000 personnes, et peut-être jusqu’à 20 000, ont été tuées » lors des manifestations de janvier. Ces chiffres pourraient s’avérer trop élevés ou trop bas ; le blackout quasi total d’Internet imposé par la République islamique rend toute vérification impossible. Mais cette incertitude ne saurait atténuer l’horreur. Au contraire, elle devrait l’intensifier.

Chaque fois que le régime a coupé tous les moyens de communication tandis que les prisons débordaient et que les hôpitaux étaient submergés, l’absence d’informations a été le prélude à des atrocités encore plus grandes. La question à laquelle le monde doit désormais faire face n’est donc pas seulement de savoir combien de personnes ont été tuées, mais, plus urgemment encore, comment empêcher que de nouveaux crimes ne soient commis. La menace qui pèse sur des dizaines de milliers de détenus — parmi lesquels des enfants — n’a jamais été aussi grave.

Cela tient au fait que le Guide suprême, qui se considère comme le guide des chiites du monde entier, est parvenu à l’apocalypse qu’il a préparée toute sa vie. Cela explique en partie pourquoi le massacre récent ne résulte ni de la panique, ni d’une erreur de calcul, ni d’une perte soudaine de contrôle. La brutalité que les forces de sécurité déchaînent n’est pas une improvisation ; c’est une doctrine.

Article rédigé originellement en anglais par Roya Hakakian, initialement publié sur Quillette le 27 janvier, et republié sur le site de DORNA avec autorisation.