Dans un entretien accordé à Atlantico, Maneli Mirkhan analyse les conditions réelles d’une transition politique en Iran et les enjeux stratégiques qui en découlent pour l’Europe et les États-Unis. – Lire l’article en entier
Dans son entretien accordé à Atlantico, Maneli Mirkhan explique que la transition politique en Iran ne peut être improvisée ni personnalisée. Elle souligne que DORNA n’est ni un parti ni un mouvement de conquête du pouvoir, mais un cabinet stratégique indépendant dont la mission est d’anticiper, structurer et sécuriser les conditions d’un changement de régime et d’une transition démocratique. Selon elle, aucune transition ne pourra bénéficier d’un soutien international sans garanties crédibles de stabilité. Elle insiste sur la nécessité d’un socle commun minimal reposant sur trois piliers complémentaires : un écosystème interne capable d’assurer la continité de l’État, un écosystème international aligné sur les réalités du terrain, et un écosystème d’opposition appelé à converger autour d’un projet partagé. Elle rappelle également que l’État iranien ne se confond pas avec le régime et que la clé pour éviter le chaos réside dans la continuité administrative, la justice transitionnelle, la stabilisation sécuritaire et l’intégration pleine et entière des composantes ethniques dans le processus de transition.
Maneli Mirkhan souligne par ailleurs que les blocages au sein de la diaspora tiennent à la défiance accumulée, à la personnalisation du leadership et à l’absence d’ingénierie de coalition neutre. Elle estime qu’une alternative crédible émergera très probablement de l’intérieur du pays, tandis que le rôle de l’extérieur est de préparer le cadre et de réduire les risques de captation du processus. Sur le plan international, elle considère qu’aucune négociation réelle n’est possible sur le nucléaire, que le régime ne cédera pas sur cet enjeu identitaire et que la pression graduée actuelle rend la question non pas de savoir si une intervention interviendra, mais comment. Enfin, elle affirme que l’Europe ne s’engage pas sur des slogans mais sur des architectures solides, et que l’anticipation d’une transition structurée constitue aussi un levier essentiel pour prévenir un choc migratoire et sécuritaire majeur.

