Avertissement : cette vidéo contient des images difficiles du massacre du 30 septembre 2022. Elles sont diffusées pour documenter des violations des droits humains et des crimes contre l'humanité.
Le vendredi 30 septembre 2022, à Zahedan, capitale du Sistan-et-Baloutchistan, les fidèles sortent de la prière du vendredi. Deux semaines plus tôt, la mort de Mahsa Amini a déclenché le soulèvement Femme, Vie, Liberté. À Zahedan, la colère porte aussi sur les accusations de viol d'une adolescente baloutche par un commandant de police à Chabahar. Les forces de sécurité ouvrent le feu, depuis les toits, sur les fidèles, les manifestants et les passants.
Les tirs visent la tête, le cœur, le cou et la poitrine. Les bilans établis depuis convergent vers un massacre de grande ampleur : 87 morts selon Amnesty International, 91 identifiés par Haalvsh une semaine plus tard, 96 selon la Campagne des militants baloutches, plus de 100 selon HRANA, 107 selon le Center for Human Rights in Iran. Au moins 17 enfants figurent parmi les victimes. Le bilan réel est plus lourd.
L'ordre venait de la République islamique elle-même. Quatre ans plus tard, personne n'a répondu de ce massacre devant la justice.
Le 16 septembre 2026, Amnesty International a qualifié la répression du soulèvement de crimes contre l'humanité, dont la persécution du peuple baloutche, et identifié 87 responsables iraniens devant faire l'objet d'enquêtes pénales. Ce constat met fin à quatre ans d'ambiguïté entretenue : Zahedan fut un acte d'État.
DORNA défend un principe simple : la justice pour le Baloutchistan est la justice pour tout l'Iran. L'égalité de tous les citoyens iraniens devant la loi, quelle que soit leur région, leur langue ou leur confession, est une condition de la transition démocratique que nous préparons. Une transition qui laisserait Zahedan sans vérité ni réparation reproduirait l'injustice qu'elle prétend dépasser. Nous voulons la justice, pas la vengeance : vérité, responsabilité, réparation.
Cette justice n'a pas à attendre. DORNA appelle :
- les États européens à soutenir, à l'Assemblée générale des Nations unies, la création du mécanisme international de responsabilité pénale pour l'Iran que demande Amnesty International ;
- les parquets européens compétents à ouvrir des enquêtes structurelles au titre de la compétence universelle sur le massacre de Zahedan, à partir des responsables identifiés par Amnesty International ;
- les plateformes et les rédactions à préserver les images documentaires de Zahedan, qui constituent des éléments de preuve ;
- chacun à signer et relayer la pétition d'Amnesty International pour un mécanisme de justice internationale sur l'Iran.
Nous n'oublierons jamais. Nous ne pardonnerons pas l'impunité. Justice internationale pour l'Iran.
Sources : Amnesty International (rapport du 16 septembre 2026) ; Haalvsh ; Campagne des militants baloutches ; HRANA ; Center for Human Rights in Iran. Images d'archives : Haalvsh.
